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GROS PLAN SUR L'HEPATITE VIRALE C



On peux guérir tous les malades de l'hépatite C en France mais le problème est que cela va couter des milliards....



Il faut comprendre que le traitement a pour objectif d'obtenir très rapidement une négativation de la PCR du virus C. Plus vite cette négativation sera obtenu, plus vous avez des chances de guérir. La guérison sera confirmée par la persistance de cette négativation de la PCR 6 mois après la fin du traitement. Cette disparition de la réplication virale et la guérison va améliorer par la suite les lésions histologiques du foie et va donc réduire le risque d'évolution de votre maladie vers la cirrhose, l'insuffisance hépatocellulaire et le carcinome hépatocellulaire.


Le traitement de l'hépatite virale chronique C a considérablement progressé au cours des dernières années avec l'apparition des nouvelles molécules antivirales ciblant spécifiquement le virus : les anti-protéases. Les bithérapies Pégylées "classique" associant la ribavirine et l'interferon Pegylé ont évolué vers des trithérapies associant une antiprotéase. Beaucoup de nouveaux antiviraux apparaissent depuis peu et d'autres font actuellement l’objet d’essais cliniques totalement nouveaux réalisant des trithérapies voire des Quadrithérapies sans interferon ou sans ribavirine. Il semble logique de penser que les traitements disponibles sont dorénavant très efficaces avec moins d'effet indésirable et durent moins longtemps.

Depuis 2011, les 2 premiers inhibiteurs de la protéase du VHC, le telaprevir et le boceprevir, ont reçu une autorisation de mise sur le marché. Ces molécules sont utilisées sous forme d’une trithérapie en combinaison avec l’interféron pégylé et la ribavirine. Cette trithérapie est actuellement le traitement de référence chez les malades infectés par un génotype 1, puisqu’elle a permis une augmentation du taux de réponse virologique soutenue (RVS) de l’ordre de 20 à 25 % par rapport à la bithérapie pégylée. Mais cet accroissement d’efficacité est associé à la survenue d’effets indésirables. C’est le cas des complications dermatologiques liées à l’utilisation du telaprevir et de l’anémie liée à l’administration du telaprevir ou du boceprevir, amplifiée par l’utilisation concomitante de la ribavirine. Par ailleurs, l’utilisation de ces deux inhibiteurs est complexe, en particulier chez les malades ayant des comorbidités, en raison de nombreuses interactions médicamenteuses.


La seconde vague de cette première génération d'inhibiteurs de la protéase vont remplacer le telaprevir et le boceprevir en raison d’une efficacité au moins similaire, d’une proportion de malades pouvant bénéficier d’un traitement court plus importante, d’un profil de tolérance meilleur et d’une simplification d’administration (une prise quotidienne). Ainsi, après l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du sofosbuvir (Sovaldi®, Gilead science) et du siméprévir (Olysio®, Janssen Pharmaceuticals), le daclatasvir est disponible en autorisation temporaire d'utilisation (ATU). Ce sont des antiviraux de seconde génération qui en association peuvent guerrir à 100% les patients et ceci quelque soit le génotype.


L'Association Française pour l'Etude du Foie (AFEF) a souhaité proposer dés le mois de Mars 2014, des avis d’experts quant aux choix des traitements de l’hépatite C en considérant qu'à l’heure actuelle, l’utilisation des nouveaux traitements doit se faire dans le cadre de leur indication d’Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU). Ces avis d’experts tiennent compte exclusivement des études cliniques (publiées sous forme d’articles ou de résumés dans des congrés avec comité de lecture) dont la plupart portent sur des petits effectifs. Les pourcentages de RVS (Réponse Virologique Soutenue) sont donc à interpréter avec beaucoup de prudence. Entre parenthéses est indiquée la référence de l’étude soit par la revue où ont été publiés les résultats (ex : NEJM), soit par le nom de l’étude indiquée en majuscules (ex : NEUTRINO), soit par le nom de l’auteur du résumé indiqué en minuscules (Ex : Ruane). Le terme NR (non-répondeur) correspond aux malades avec non-réponse partielle ou non-réponse nulle à un précédent traitement par interféron retard et ribavirine.




Nous pouvons donc voir que les chances de guérir de son hépatite C en prenant un à deux comprimé(s) par jour pendant 3 mois, sans subir d'importants effets indésirables graves est proche de 100 %. Nous sommes donc à un tournant dans le traitement de l'hépatite virlae C.
Mais le problème est un coût exorbitant. Le sofosbuvir est délivré en rétrocession hospitalière et le prix mensuel actuel est de 18651 euros, soit environ 56000 euros pour 3 mois et 112000 pour 6 mois. Le coût mensuel actuel du simeprevir est de 11666 euros, soit environ 35000 euros pour 3 mois.
A l'heure où le gouvernement envisage des économies sur la santé...


Cette page sera mise à jour après la réunion au ministère de la santé du 19 Mai 2014 qui je l'espère sera intéressante.


Dr Didier Mennecier



Rédaction le 17/05/2014 par le Dr Didier Mennecier
Corrections et mises à jour :